L’année 2026 commence un jeudi, compte 365 jours et place ses jours fériés de manière parfois avantageuse, parfois frustrante. Pour un salarié soumis aux 35 heures ou au forfait jours, le nombre de jours réellement travaillés dans l’année conditionne directement le volume de RTT. Poser le calcul correctement évite les mauvaises surprises sur le bulletin de paie, surtout quand un nouveau dispositif, le congé supplémentaire de naissance, entre en vigueur au 1er juillet 2026.
Jours ouvrés, jours fériés et week-ends en 2026 : la base du calcul
L’année 2026 totalise 252 jours ouvrés (lundis au vendredi, hors jours fériés) et 11 jours fériés inscrits au calendrier. Ce décompte sert de point de départ à tout calcul de RTT ou de jours de repos supplémentaires.
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Tous les jours fériés ne tombent pas un jour de semaine. Certains coïncident avec un samedi ou un dimanche, ce qui les neutralise pour les salariés en horaires classiques du lundi au vendredi. En 2026, sur les 11 jours fériés, environ 9 sont réellement chômés en moyenne selon les calendriers de référence.
Un point souvent négligé : seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. Les 10 autres jours fériés peuvent être travaillés si l’employeur le décide, sous réserve des règles de rémunération majorée prévues par la convention collective. Le nombre de jours travaillés dans l’année varie donc d’une entreprise à l’autre, ce que les simulateurs en ligne ne précisent pas toujours.
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Calcul des RTT pour un salarié à 39 heures en 2026
Le mécanisme des RTT compense les heures effectuées entre 35 et 39 heures hebdomadaires. Deux méthodes de calcul coexistent dans les entreprises : la méthode forfaitaire et la méthode au réel.
Méthode forfaitaire
L’accord collectif fixe un nombre annuel de RTT identique chaque année, quelle que soit la position des jours fériés. Ce nombre est défini une fois pour toutes dans la convention de branche ou l’accord d’entreprise conclu avant août 2008. Le salarié connaît son quota dès janvier.
Méthode au réel (calcul annuel)
Cette approche recalcule chaque année le nombre de RTT en fonction du calendrier. Le principe repose sur une soustraction en plusieurs étapes :
- Partir des 365 jours de l’année, retirer les samedis et dimanches (104 jours en 2026), les jours fériés tombant un jour ouvré, et les 25 jours ouvrés de congés payés.
- Diviser le nombre de jours ouvrés restants par 5 pour obtenir le nombre de semaines travaillées.
- Multiplier ce nombre de semaines par le volume d’heures hebdomadaires excédant 35 heures (4 heures pour un contrat à 39 heures), puis convertir le total en jours de 7 heures.
Le résultat dépend directement du nombre de jours fériés chômés retenus par l’entreprise. Si votre employeur chôme 9 jours fériés (hors week-ends), le calcul diffère sensiblement de celui d’une entreprise qui n’en chôme que 6.
Forfait jours en 2026 : JRS et non RTT
Les cadres autonomes en forfait jours ne bénéficient pas de RTT au sens strict. Ils accumulent des jours de repos supplémentaires (JRS), un terme juridiquement distinct même si l’usage courant les confond.
Le forfait jours fixe un plafond annuel de jours travaillés, généralement 218 jours (journée de solidarité incluse), sauf disposition conventionnelle différente. Le calcul des JRS pour 2026 suit cette logique : on soustrait de 365 jours les week-ends, les jours fériés chômés tombant en semaine, les congés payés et le plafond de 218 jours. Le solde correspond aux JRS de l’année.
Avec 252 jours ouvrés en 2026 et 25 jours ouvrés de congés payés, le nombre de JRS dépend du nombre de jours fériés chômés retenus. La fourchette varie selon que l’entreprise retient 8 ou 9 jours fériés en semaine. L’accord collectif et la convention individuelle de forfait doivent préciser ces modalités.
Un salarié en forfait jours peut renoncer à une partie de ses JRS en échange d’une majoration de salaire, mais uniquement avec l’accord écrit de l’employeur et dans les limites fixées par la convention collective.
Congé supplémentaire de naissance : un paramètre nouveau dès juillet 2026
À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance peut s’ajouter au congé maternité, paternité ou adoption, sur demande du parent concerné. Ce dispositif réduit mécaniquement le nombre de jours travaillés sur la seconde moitié de l’année civile.
Pour les salariés en forfait jours, l’impact est direct : le plafond de 218 jours doit être proratisé en fonction de la durée d’absence. Pour ceux en régime horaire avec RTT, l’absence prolongée peut diminuer le nombre de RTT acquis si l’entreprise applique la méthode au réel, puisque les semaines non travaillées ne génèrent pas d’heures excédentaires.
Les services paie devront intégrer ce nouveau paramètre dans leurs outils de suivi dès le second semestre 2026. La gestion des compteurs de RTT et de JRS sera plus complexe pour les salariés dont la naissance intervient en cours d’année.

Aménagement du temps de travail : heures supplémentaires ou RTT, deux logiques différentes
Depuis la réforme du 22 août 2008, il n’est plus possible de créer de nouveaux accords RTT par simple accord d’entreprise. Seuls les accords de branche ou conventions collectives en vigueur permettent de maintenir un système de RTT. Les entreprises qui n’en disposent pas doivent rémunérer les heures au-delà de 35 heures comme des heures supplémentaires majorées.
La différence est significative pour le salarié. Un régime RTT transforme le temps excédentaire en repos : le nombre de jours travaillés diminue, la rémunération mensuelle reste identique. Un régime d’heures supplémentaires conserve le même nombre de jours travaillés mais augmente la paie via les majorations légales ou conventionnelles.
En revanche, le choix entre ces deux dispositifs n’appartient pas au salarié. Il dépend de l’accord collectif applicable dans l’entreprise. Vérifier sa convention collective reste la première étape avant tout calcul de RTT.
Le nombre de jours travaillés dans l’année 2026 n’est pas une donnée universelle. Il oscille selon le statut du salarié (horaire ou forfait jours), la politique de l’entreprise sur les jours fériés, et désormais la prise éventuelle du congé supplémentaire de naissance. Partir des 252 jours ouvrés et 11 jours fériés de 2026 permet de poser un cadre, mais seul le croisement avec votre accord collectif donne le chiffre exact de RTT ou de JRS auquel vous avez droit.

