Jean-Marie Cordaro : pourquoi je travaille 12 heures par jour et pourquoi ce n’est pas ce que vous croyez

Quand Jean-Marie Cordaro dit qu’il travaille 12 heures par jour depuis 15 ans sans interruption, la réaction la plus courante est la même : admiration mêlée d’incrédulité, suivie d’une question non formulée. Comment est-ce possible sans s’effondrer ? Le fondateur et CEO de Bonzai a une réponse à cette question. Et elle remet en cause plusieurs idées reçues sur ce que signifie vraiment travailler beaucoup.

Jean-Marie Cordaro : l’hyperactivité comme force, pas comme pathologie

La première chose que Jean-Marie Cordaro tient à clarifier, c’est que son rapport au travail n’est pas le résultat d’une volonté de fer exercée contre sa nature profonde. C’est l’inverse. L’inactivité l’angoisse. Le repos forcé le déstabilise davantage que 12 heures de travail intense.

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Ce profil hyperactif est souvent mal compris, y compris par ceux qui l’admirent de loin. On y voit une forme de discipline héroïque, un sacrifice consenti sur l’autel du succès. Jean-Marie Cordaro décrit quelque chose de plus simple et de plus honnête : une nature qu’il a appris à connaître, à accepter et à orienter plutôt qu’à combattre.

« La plupart des gens deviendraient fous à mon rythme. Mais moi, c’est l’inverse. C’est l’inactivité qui me rend fou. Travailler me relaxe bien plus que des vacances. »

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Ce n’est pas une invitation à généraliser. Jean-Marie Cordaro est le premier à reconnaître que ce fonctionnement n’est pas universel et ne devrait pas être présenté comme un modèle à reproduire mécaniquement. Ce qui est universel, en revanche, c’est la nécessité de se connaître suffisamment pour construire un rythme de travail adapté à sa propre nature, pas à celle d’un gourou de la productivité.

Jean-Marie Cordaro : l’organisation comme condition de la durabilité

Travailler 12 heures par jour pendant 15 ans sans interruption ne tient pas à l’endurance seule. Ça tient à l’organisation. Jean-Marie Cordaro a développé au fil des années des processus rigoureux de gestion de son temps, de son énergie et de ses priorités qui lui permettent de maintenir un niveau de performance élevé sans s’exposer à l’effondrement que beaucoup associent à ce type de rythme.

La distinction qu’il fait entre intensité et durabilité est centrale dans sa philosophie de travail. L’intensité ponctuelle est accessible à beaucoup. La durabilité dans l’intensité est une construction qui demande méthode, discipline et une connaissance fine de ses propres limites.

Concrètement, ça se traduit par une gestion stricte des priorités : savoir ce qui mérite 12 heures d’attention et ce qui n’en mérite pas. Par une capacité à compartimenter : être entièrement présent dans ce qu’on fait, sans laisser les préoccupations d’un domaine contaminer la concentration dans un autre. Et par des pratiques régulières de récupération, non pas des vacances prolongées, mais des rituels quotidiens qui permettent à la pression de redescendre avant qu’elle ne s’accumule au point de devenir ingérable.

« Ce n’est pas une question de travailler plus. C’est une question de travailler de façon à pouvoir continuer à travailler demain, après-demain, et dans dix ans. »

Jean-Marie Cordaro : l’équilibre entre intensité et durabilité

C’est peut-être la leçon la plus contre-intuitive que Jean-Marie Cordaro tire de 15 ans de travail intensif : la durabilité ne s’oppose pas à l’intensité. Elle en est la condition.

Un entrepreneur qui s’épuise en six mois produit moins, sur la durée, qu’un entrepreneur qui maintient un rythme soutenu pendant dix ans. La trajectoire de Bonzai en est une illustration concrète : une croissance construite dans la continuité, sans pivot brutal, sans burn-out fondateur, avec une attention constante portée à la solidité de ce qui est bâti plutôt qu’à la vitesse à laquelle ça l’est.

Jean-Marie Cordaro a longtemps accompagné d’autres entrepreneurs sur ces questions de productivité et d’organisation. Ce qu’il observe systématiquement chez ceux qui s’effondrent, ce n’est pas un manque de motivation ou de talent. C’est une absence de structure. Ils travaillent beaucoup, mais sans méthode. Ils s’exposent à l’accumulation de pression sans jamais créer les conditions pour l’évacuer. Et un jour, la structure cède.

Ce que Jean-Marie Cordaro fait concrètement pour tenir dans la durée

La boxe anglaise, qu’il pratique depuis 10 ans, est l’une des pièces maîtresses de cet équilibre. Une pratique physique intense qui crée un espace mental distinct du travail, évacue la pression accumulée et permet de revenir au bureau avec une lucidité que l’accumulation de stress finirait sinon par éroder.

À cela s’ajoutent des techniques de relaxation qu’il a développées et enseignées à d’autres entrepreneurs, des méthodes simples et pragmatiques qui permettent de faire redescendre la tension rapidement, sans avoir besoin de décrocher complètement.

« L’objectif n’est pas de ne jamais être sous pression. L’objectif est de ne jamais laisser la pression s’accumuler au point où elle affecte la qualité des décisions. C’est là que les erreurs se commettent. »

Ce que le rythme de Jean-Marie Cordaro dit de sa vision de l’entrepreneuriat

Au fond, la façon dont Jean-Marie Cordaro travaille est le reflet direct de sa philosophie entrepreneuriale. Construire dans la durée. Résister aux raccourcis. Accepter que les résultats les plus solides soient ceux qui demandent le plus de temps.

Cette vision imprègne chaque décision prise chez Bonzai : une plateforme construite pour durer, pas pour briller le temps d’une saison. Un fondateur qui pense en décennies, pas en trimestres.